Renaissance moderne pour le Quadrilatère de Beauvais
Au cœur du quartier épiscopal de Beauvais, face aux contreforts de la majestueuse cathédrale Saint-Pierre, le Quadrilatère a rouvert ses portes après deux années de transformations d’envergure. Cette réhabilitation signée Chatillon Architectes, également à l’origine des rénovations du Grand Palais et du musée Carnavalet à Paris, redonne souffle à un édifice emblématique de l’architecture du XXe siècle, tout en révélant des strates enfouies de l’histoire urbaine. Loin d’une simple mise aux normes, le projet offre une réinterprétation d’un lieu emblématique de la ville. Conçu par l’architecte et urbaniste André Hermant dans les années 1970, le bâtiment s’inscrit dans l’héritage du rationalisme structurel, à la jonction de Perret et de Le Corbusier. Horizontalité affirmée, lignes nettes, matières brutes : le langage architectural d’Hermant s’ancre dans une rigueur constructive assumée, opposée à la verticalité gothique de la cathédrale voisine. C’est précisément cette confrontation entre les âges et les styles que la réhabilitation entend mettre en valeur, en redonnant de la clarté aux volumes, de la lisibilité aux parcours et en apportant de la lumière dans les espaces.

Au cœur de la restructuration, un monumental atrium en triple hauteur restructure la circulation et réorganise les connexions entre les différents plateaux. Un escalier sculptural en béton lisse et chêne massif y déploie sa courbe, devenant une pièce maîtresse du parcours. La lumière naturelle, habilement canalisée, redessine les perspectives intérieures et valorise la texture des matériaux. Autour, 2 000 m2 d’espaces d’exposition modulables accueillent les programmations artistiques. Conçu dans une logique de confort et d’accueil renouvelée, l’édifice comprend également un auditorium, un atelier pédagogique, un café ouvert sur un jardin paysager, et des mobiliers intégrés pensés dans le prolongement de l’œuvre d’Hermant. Les éclairages, discrets et enveloppants, s’insèrent dans un bandeau courbe longeant les galeries, assurant la lisibilité muséographique.

Enfin, la réouverture du Quadrilatère s’accompagne d’un accès inédit : l’ouverture au public de la crypte archéologique, jusque-là inaccessible. Une discrète passerelle en métal, bois et verre permet désormais d’approcher les vestiges gallo-romains plurimillénaires enfouis sous le site. Plus qu’un centre d’art, le Quadrilatère devient un point d’ancrage culturel et urbain, qui affirme sa nouvelle ambition : offrir un espace de création et de transmission.
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