
Nicolas Grys, Responsable commercial, Arlu

Comment le marché de la quincaillerie pour l’aménagement de cuisine se porte-t-il, et quelles évolutions observez-vous depuis ces deux ou trois dernières années ?
Le premier trimestre affiche une excellente dynamique, s'inscrivant dans la continuité de la fin d'année 2025. Si les clients se montrent globalement attentistes, le marché du haut de gamme, lui, se porte toujours aussi bien. Nous constatons néanmoins une activité de plus en plus en dents de scie, marquée par des pics de commandes suivis de fortes baisses. Enfin, le marché reste très concurrentiel, imposant des délais de livraison extrêmement courts, y compris sur le sur-mesure.
Quels segments sont aujourd’hui les plus dynamiques : cuisine premium, rénovation, petits espaces, sur-mesure… ?
Le marché premium conserve un fort potentiel, même si les clients se montrent plus exigeants et n’hésitent pas à reporter leurs achats. En parallèle, une partie de la clientèle du milieu de gamme se reporte sur l’entrée de gamme, sans pour autant parvenir à compenser la baisse d’activité de ce segment.
Quelles sont les grandes tendances qui influencent actuellement le développement des solutions de quincaillerie ?
Les finitions bronze et moka anodisé sont très demandées. Sur le marché du premium, les clients cherchent à se différencier et sont en quête de décors exclusifs, tandis que le noir reste la référence incontournable de l’entrée de gamme.
Comment les modes de vie actuels transforment-ils la conception des cuisines ? Quelles sont vos observations concernant la place prise par l’ergonomie et le confort d’usage dans les projets ?
Alors que les cuisines ouvertes ont longtemps été la norme, les clients recherchent aujourd'hui plus de flexibilité : pouvoir ouvrir l'espace lorsqu'ils reçoivent, mais aussi le fermer au quotidien pour limiter le bruit et les odeurs.
Sur-mesure et personnalisation sont de plus en plus recherchés par le client final… comment répondez-vous à cette demande croissante ?
En collaborant de plus en plus avec des partenaires spécialisés (menuisiers, miroitiers…), nous adaptons précisément nos produits aux exigences de nos clients.
Comment intégrez-vous l’exigence environnementale dans la conception et la valorisation de vos solutions ?
Notre site de production comprend une zone dédiée au recyclage de nos matières premières et déchets (cartons, copeaux, huiles, etc.). Dès sa construction, l'usine a été pensée pour réduire son empreinte environnementale, avec l'installation de panneaux solaires sur l'ensemble de sa toiture et de récupérateurs d'eau de pluie pour alimenter les réseaux non potables, notamment les sanitaires. Dans une démarche d'amélioration continue, nous étudions actuellement les nouvelles normes internationales de recyclage afin d'anticiper les exigences de demain.
Quels sont aujourd’hui les principaux axes d’innovation dans votre secteur, et quels besoins émergents anticipez-vous pour les cuisines de demain ?
À l'écoute des retours de nos clients, nous perfectionnons continuellement nos produits pour les adapter aux besoins. Nous concentrons tout particulièrement nos efforts sur l'optimisation des amortisseurs pour charnières invisibles, dédiés aux portes de communication dans l'univers de la cuisine.
Selon vous, à quoi ressemblera la quincaillerie de cuisine dans cinq ou dix ans ?
Design épuré et simplicité d'installation : voilà ce que veulent les clients aujourd’hui. Cette quête de rapidité et de facilité d'usage sera encore plus déterminante pour les générations à venir.
Rachel Mugnier, Directrice générale France, Blum
Comment le marché de la quincaillerie pour l’aménagement de cuisine se porte-t-il, et quelles évolutions observez-vous depuis ces deux ou trois dernières années ?
Le marché de la cuisine fait preuve d’une certaine résilience dans un contexte pourtant difficile pour l’ensemble de l’ameublement. En 2025, il est resté le seul segment du meuble à enregistrer une croissance en valeur. Cette dynamique s’explique notamment par l’importance que les ménages continuent d’accorder à cet espace central de l’habitat. Nous observons toutefois une évolution des comportements d’achat. Les consommateurs sont attentifs à leur budget et arbitrent davantage leurs dépenses. Cette pression se répercute sur l’ensemble de la filière, qui doit concilier maîtrise des coûts, qualité et attractivité des offres. Pour les acteurs de la quincaillerie, cela renforce l’importance de proposer des solutions apportant une réelle valeur d’usage : durabilité, confort, optimisation de l’espace et qualité perçue.
Quels segments sont aujourd’hui les plus dynamiques : cuisine premium, rénovation, petits espaces, sur-mesure… ?
Plusieurs segments se distinguent aujourd’hui. La rénovation reste particulièrement dynamique, portée par des ménages qui privilégient l’amélioration de leur habitat plutôt qu’un déménagement. Le sur-mesure poursuit également sa progression. Les consommateurs recherchent des aménagements adaptés à leur mode de vie, à leurs contraintes d’espace et à leurs goûts esthétiques. Dans ce contexte, la personnalisation devient un véritable critère de choix. Enfin, l’optimisation des petits espaces constitue une tendance de fond. La réduction des surfaces habitables dans certaines zones urbaines pousse les concepteurs à imaginer des solutions toujours plus ingénieuses, permettant d’exploiter chaque centimètre disponible.
Quelles grandes tendances influencent actuellement le développement des solutions de quincaillerie ?
Nous constatons une recherche croissante de simplicité et d’authenticité dans l’aménagement intérieur. Les cuisines se caractérisent par des lignes plus épurées, une intégration plus discrète des équipements et une attention particulière portée aux matériaux et aux finitions. Cette évolution se traduit directement dans la quincaillerie. Les composants deviennent moins visibles, mais leur niveau d’exigence technique augmente. Les utilisateurs attendent aujourd’hui des mouvements fluides, un fonctionnement silencieux, une grande fiabilité et une intégration parfaite dans le mobilier. La quincaillerie ne se limite pas à une fonction technique : elle participe pleinement à l’expérience utilisateur et à la qualité perçue du meuble.
Comment les modes de vie actuels transforment-ils la conception des cuisines ? Quelles sont vos observations concernant la place de l’ergonomie et du confort d’usage dans les projets ?
Dans un contexte où l’instantanéité domine, les utilisateurs recherchent des solutions leur permettant d’accéder rapidement et facilement à ce dont ils ont besoin. La diversité des usages de la cuisine favorise le développement de meubles sur mesure et d’éléments fonctionnels, à l’image de notre récent produit Amperos AC. Cette solution, à la fois élégante et pratique, permet d’alimenter des appareils électriques directement dans les tiroirs ou les tablettes coulissantes grâce à une prise intégrée et à un passage de câble discret. Les meubles muraux et modulaires séduisent également par leur flexibilité et leur haut niveau de fonctionnalité, sans compromis sur l’esthétique. Les concepts d’aménagement évoluent, notamment avec l’émergence de solutions comme Revego, qui proposent des portes invisibles pour dissimuler avec élégance les espaces fonctionnels et de rangement.
Sur-mesure et personnalisation sont de plus en plus recherchés par le client final… comment répondez-vous à cette demande croissante ?
Nous poursuivons nos innovations en développant de nouveaux produits tout en améliorant continuellement l’existant. Guidés par les besoins des utilisateurs, nous perfectionnons nos solutions, afin d’élargir le champ des possibles et de faciliter la réalisation de projets, y compris les plus complexes. Soucieux de répondre à toutes les attentes, nous faisons évoluer nos gammes en matière de design, de coloris et de fonctionnalités. C’est notamment le cas de notre produit Revego, qui a bénéficié d’une refonte complète : repensé en profondeur, il autorise désormais des hauteurs de portes plus petites et permet des aménagements directement sur plan de travail ; avec une quincaillerie encore plus discrète.
Comment intégrez-vous l’exigence environnementale dans la conception et la valorisation de vos solutions ?
Chez Blum, la durabilité ne se limite pas à l’impact environnemental du produit. Elle repose aussi sur la durée de vie des solutions, la stabilité industrielle, la responsabilité sociale et l’indépendance de l’entreprise.
Quels sont aujourd’hui les principaux axes d’innovation dans votre secteur, et quels besoins émergents anticipez-vous pour les cuisines de demain ?
L’innovation dans notre secteur ne concerne plus uniquement les composants. Nous allons au-delà des produits en développant des services, comme l’illustre la présentation de Beyond Components lors d’Interzum 2023, marquant notre évolution vers la fourniture de solutions globales.
Par ailleurs, les attentes en matière d’habitat évoluent en permanence. C’est pourquoi nous explorons régulièrement les salons internationaux, comme Eurocucina cette année, afin d’identifier les grandes tendances. Pour découvrir nos prochaines innovations, rendez-vous à Interzum 2027 !
Selon vous, à quoi ressemblera la quincaillerie de cuisine dans cinq ou dix ans ?
Nous assisterons probablement à une intégration encore plus poussée des composants dans le mobilier, avec des solutions capables de répondre à des besoins multiples tout en occupant moins d’espace. L’enjeu sera de faire plus avec moins : moins de matière, moins d’encombrement, mais toujours plus de valeur pour l’utilisateur final.
Sébastien Fauvel, Directeur commercial et marketing Europe du Sud-Ouest, Kesseböhmer
Comment le marché de la quincaillerie pour l’aménagement de cuisine se porte-t-il, et quelles évolutions observez-vous depuis ces deux ou trois dernières années ?
Nos produits restent des équipements optionnels, dont le choix dépend à la fois des attentes des consommateurs et de leur budget. Le projet cuisine représente un investissement important pour de nombreux ménages. Dans ce contexte, la valeur ajoutée apportée par nos équipements – en termes de confort d’utilisation, d’ergonomie et d’optimisation de l’espace – est de plus en plus appréciée par les consommateurs. Depuis deux ou trois ans, nous observons d’ailleurs un intérêt croissant de nos clients pour enrichir leur offre avec des solutions d’aménagement différenciantes, afin de répondre toujours plus précisément aux nouvelles attentes des utilisateurs finaux.
Quels segments sont aujourd’hui les plus dynamiques : cuisine premium, rénovation, petits espaces, sur-mesure… ?
Historiquement, Kesseböhmer s’est positionné sur le segment premium. Cependant, l’évolution de la demande nous a conduits à segmenter davantage notre offre afin de couvrir un spectre plus large de niveaux de gamme. Nos solutions sont pensées et développées pour s’intégrer à près de 95 % dans des projets sur mesure. Même si une grande majorité des meubles de cuisine restent standardisés, la flexibilité de nos produits leur permet de s’adapter à de nombreuses configurations, ce qui répond également très bien aux besoins du marché de la rénovation. Nous constatons d’ailleurs une tendance croissante chez les consommateurs à rénover leur cuisine en conservant l’implantation existante et les caissons, tout en modernisant l’aménagement intérieur.
Quelles grandes tendances influencent actuellement le développement des solutions de quincaillerie ?
Nous observons ces dernières années une recherche constante de minimalisme et de discrétion de la quincaillerie dans les meubles. Kesseböhmer a développé la ferrure FREEslim, qui répond parfaitement à cette attente et qui s’intègre facilement dans une large gamme de meubles tout en offrant la plus grande liberté de conception possible lors de l’installation. Elle peut être vissée sur le panneau latéral du meuble avec une épaisseur ultra-réduite de seulement 8 mm, ou disparaitre dans le panneau latéral depuis l’extérieur.
L’autre grande tendance est la multiplication des appareils électroménagers dans la cuisine : robots multifonctions, airfryers, machines à café ou encore appareils de cuisson compacts. Ces équipements sont de plus en plus présents dans le quotidien des consommateurs, mais également de plus en plus volumineux et lourds. Ils occupent souvent une place importante sur les plans de travail, ce qui peut rapidement encombrer l’espace, en particulier dans les cuisines ouvertes où l’esthétique et la sensation d’ordre deviennent essentielles. L’enjeu est donc de pouvoir les ranger facilement tout en conservant un accès simple et rapide pour une utilisation quotidienne. Notre solution ChefsTable permet de dissimuler les appareils dans un meuble bas tout en les rendant immédiatement accessibles grâce à un système pivotant. En un seul geste, l’appareil sort du meuble et se positionne devant le plan de travail, prêt à être utilisé. La solution est également simple à installer et peut facilement être intégrée dans une cuisine déjà existante.
Comment les modes de vie actuels transforment-ils la conception des cuisines ? Quelles sont vos observations concernant la place prise par l’ergonomie et le confort d’usage dans les projets ?
Nous avons récemment mené une enquête auprès des consommateurs afin de mieux comprendre leurs attentes et leurs usages au quotidien. L’un des principaux enseignements est que de nombreux utilisateurs se déclarent insatisfaits de leurs espaces de rangement actuels, et expriment un besoin croissant de mieux organiser leurs placards – et leur cuisine de manière générale. Aujourd’hui, celle-ci n’est plus uniquement un espace fonctionnel dédié à la préparation des repas. Elle est devenue une véritable pièce de vie, un lieu de partage et de convivialité où il est fréquent de recevoir famille et amis. Cette évolution des modes de vie transforme naturellement les attentes des consommateurs. Le besoin de rangement, d’organisation, d’ergonomie et de praticité au quotidien prend donc une place centrale dans les projets de cuisine. L’esthétique seule – à travers le choix des couleurs, des matériaux ou des finitions – ne suffit plus à répondre pleinement aux attentes. Nous constatons que les consommateurs recherchent désormais un équilibre entre plusieurs critères essentiels : la fonctionnalité, la capacité de stockage, la durabilité, la qualité et bien sûr le design. C’est la combinaison de ces cinq éléments qui permet aujourd’hui de créer une cuisine véritablement adaptée aux usages modernes et génératrice de satisfaction durable.
Sur-mesure et personnalisation sont de plus en plus recherchés par le client final… comment répondez-vous à cette demande croissante ?
Notre offre est développée pour répondre aux exigences du sur-mesure et de la personnalisation, qui occupent aujourd’hui une place centrale dans les projets de cuisine. Nos solutions sont pensées pour s’adapter à une grande variété de configurations et permettre une intégration flexible dans différents types de meubles.
Prenons l’exemple de ChefsTable : la solution peut être installée dans des caissons allant de 400 à 600 mm de largeur, offrant ainsi une grande liberté d’aménagement.
La personnalisation passe également par l’esthétique. Le client peut, par exemple, choisir le coloris du plateau support afin de l’harmoniser parfaitement avec le design global de sa cuisine. Cette capacité d’adaptation nous permet de répondre à une demande croissante des consommateurs, qui recherchent des cuisines à la fois fonctionnelles, personnalisées et parfaitement appropriées à leur mode de vie.
Comment intégrez-vous l’exigence environnementale dans la conception et la valorisation de vos solutions ?
L’exigence environnementale est aujourd’hui pleinement intégrée à la stratégie de développement de Kesseböhmer, et constitue un axe majeur dans la conception de nos solutions. Cette démarche se traduit tout d’abord par la volonté de développer des produits durables, robustes et conçus pour accompagner les utilisateurs sur le long terme. La qualité et la longévité de nos équipements permettent de limiter le remplacement prématuré des aménagements et participent ainsi à une consommation plus responsable.
Nous accordons également une attention particulière à l’optimisation des matériaux, des procédés de fabrication et à la réduction de l’impact environnemental tout au long du cycle de vie du produit. Au-delà de l’aspect industriel, nous observons que les consommateurs recherchent de plus en plus des cuisines fonctionnelles, évolutives et capables de s’adapter dans le temps à leurs usages. Nos solutions répondent à cette attente en permettant, par exemple, de moderniser et d’optimiser une cuisine existante sans forcément remplacer l’ensemble de l’installation.
Quels sont aujourd’hui les principaux axes d’innovation dans votre secteur, et quels besoins émergents anticipez-vous pour les cuisines de demain ?
Aujourd’hui, les principaux axes d’innovation dans notre secteur s’orientent autour de plusieurs enjeux majeurs : l’optimisation de l’espace, l’ergonomie, la modularité et l’intégration toujours plus discrète des équipements dans la cuisine. Les modes de vie évoluent rapidement, et la cuisine devient un espace multifonctionnel où l’esthétique doit cohabiter avec un usage quotidien intensif.
Les consommateurs recherchent des solutions capables d’offrir davantage de confort, de fluidité d’utilisation et d’organisation, tout en conservant des lignes épurées et un design harmonieux.
Nous observons également une attente croissante autour de la flexibilité des aménagements, afin que les cuisines puissent évoluer dans le temps et s’adapter à de nouveaux usages ou équipements.
Pour les cuisines de demain, nous anticipons donc des besoins toujours plus orientés vers des solutions intelligentes, personnalisables, durables et intégrées, avec une attention particulière portée à l’expérience utilisateur et à la simplicité d’usage au quotidien.
Selon vous, à quoi ressemblera la quincaillerie de cuisine dans cinq ou dix ans ?
Il est toujours difficile de prévoir avec précision à quoi ressemblera la quincaillerie de cuisine dans cinq ou dix ans, car les évolutions technologiques pourraient profondément transformer notre secteur. Nous observons déjà aujourd’hui l’arrivée de nouvelles attentes autour de la connectivité, de l’automatisation et de l’assistance à l’usage. À l’avenir, la quincaillerie pourrait intégrer davantage de technologies intelligentes capables d’améliorer encore le confort, l’ergonomie et l’expérience utilisateur au quotidien. On peut imaginer des solutions toujours plus intuitives, motorisées ou connectées, capables de s’adapter automatiquement aux habitudes des utilisateurs, d’optimiser l’accès aux rangements ou encore de faciliter l’utilisation des équipements dans des cuisines où l’espace doit être exploité au maximum. Dans le même temps, l’intégration discrète des technologies sera essentielle. Les consommateurs recherchent avant tout des cuisines esthétiques, épurées et agréables à vivre. L’innovation devra donc rester au service de la simplicité d’usage et du design. Les enjeux environnementaux, la modularité et la durabilité continueront également à jouer un rôle majeur dans les développements futurs.
Hugues Terrier, Directeur commercial, Qama
Comment le marché de la quincaillerie pour l’aménagement de cuisine se porte-t-il, et quelles évolutions observez-vous depuis ces deux ou trois dernières années ?
Le marché est plus sélectif, mais il reste porteur dès lors que la quincaillerie apporte une vraie valeur ajoutée au projet. La cuisine demeure un segment moteur de l’aménagement intérieur : en 2025, elle retrouve une dynamique positive alors que le marché global du meuble reste orienté à la baisse.
Depuis deux ou trois ans, nous observons un changement net dans les attentes. Les professionnels ne recherchent plus seulement une ferrure ou un accessoire fonctionnel. Ils attendent des solutions capables d’améliorer l’usage, la durabilité, l’esthétique et la différenciation du projet final. La quincaillerie devient un levier de conception à part entière.
Chez Qama, cette évolution correspond pleinement à notre positionnement : accompagner les agenceurs, architectes d’intérieur et menuisiers avec une offre large, technique et différenciante. Notre rôle est de les aider à sélectionner les bons produits, au bon niveau de performance, selon les contraintes du chantier, le design recherché et l’usage final.
Quels segments sont aujourd’hui les plus dynamiques : cuisine premium, rénovation, petits espaces, sur-mesure… ?
La rénovation reste le segment le plus dynamique. Elle génère de nombreux besoins en optimisation, modernisation et amélioration du confort, sans forcément remplacer l’ensemble de la cuisine. Les projets de rénovation sont souvent très techniques : contraintes d’encombrement, angles difficiles, meubles existants, besoin de rangement supplémentaire ou intégration d’équipements récents. Le premium progresse également, mais il s’exprime différemment. Il ne repose plus uniquement sur les matériaux visibles. Il se traduit aussi par la qualité du mouvement, le silence, la fluidité, l’éclairage intégré, la discrétion des ferrures et la finition des détails. Une charnière invisible, une porte escamotable parfaitement fluide, une poignée en laiton ou bi-matière, ou encore une solution d’éclairage bien intégrée participent directement à la perception haut de gamme.
Les petits espaces et le sur-mesure sont également très porteurs. Avec notre partenaire Atim, nous répondons par exemple à cette demande avec des solutions d’optimisation et de gain de place : plans extractibles, tables escamotables, mécanismes transformables et solutions multifonctions. Ces produits permettent aux professionnels de proposer des cuisines plus compactes, mais plus confortables et plus ingénieuses.
Quelles grandes tendances influencent actuellement le développement des solutions de quincaillerie ?
Nous identifions plusieurs tendances fortes. La première est l’optimisation de l’espace. Les clients veulent exploiter chaque volume : angles, colonnes, meubles bas, îlots, meubles hauts, plans de travail et zones techniques. Des produits comme la ferrure d’angle Fly Box de Vibo illustrent bien cette attente : ils rendent accessibles des zones traditionnellement difficiles à exploiter et augmentent le volume utile du meuble.
La deuxième tendance est esthétique. Le galbé, les formes arrondies, les façades courbes et les lignes plus douces prennent de l’importance dans les projets cuisine. Cela demande une quincaillerie plus précise, capable d’accompagner des conceptions moins standardisées. La troisième tendance concerne les finitions et les détails décoratifs. Après plusieurs années dominées par le sans-poignée, cette dernière redevient un marqueur de style. Les poignées en laiton, en bois, les finitions bronze, champagne, noir mat ou les modèles bi-matières permettent de personnaliser fortement le projet. C’est un axe important de différenciation pour les agenceurs. Enfin, l’éclairage intégré est devenu incontournable. Les Led ne sont plus seulement fonctionnelles : elles participent à l’ambiance, à la mise en valeur des matériaux et au confort d’usage. Nos solutions comme la Led Dual, les bandes Led flexibles Free Cut ou les spots ronds intégrés permettent de travailler la lumière de manière plus fine, sous meuble, en niche, dans une colonne, un tiroir ou autour d’un îlot.
Comment les modes de vie actuels transforment-ils la conception des cuisines ? Quelle place l’ergonomie et le confort d’usage prennent-ils ?
La cuisine est devenue une pièce de vie complète. Elle doit être belle, mais aussi pratique, silencieuse, lumineuse, facile à ranger et agréable à utiliser au quotidien. Cette évolution donne une place centrale à l’ergonomie.
Les utilisateurs veulent accéder facilement au contenu des meubles, éviter les zones perdues, limiter les efforts et gagner du temps dans les gestes quotidiens. Les coulissants, les ferrures d’angle, les systèmes relevants, les portes escamotables, les colonnes extractibles et les éclairages intégrés répondent directement à ces attentes. Des produits comme FurnSpin de Hettich ou ChefsTable de Kesseböhmer illustrent bien cette évolution. FurnSpin permet de faire pivoter un élément de meuble pour révéler ou dissimuler son contenu avec un mouvement fluide et spectaculaire. ChefsTable répond à un besoin très actuel : intégrer les petits appareils électroménagers dans un meuble bas, tout en les rendant rapidement accessibles. Ces solutions montrent que la quincaillerie ne se limite plus à ouvrir ou à fermer un meuble : elle transforme l’usage de la cuisine.
Sur-mesure et personnalisation sont de plus en plus recherchés par le client final. Comment répondez-vous à cette demande croissante ?
La personnalisation suppose une grande profondeur d’offre et une réelle expertise de sélection. Deux projets cuisine peuvent sembler proches visuellement, mais présenter des contraintes très différentes : dimensions, charge, type de façade, épaisseur, cinématique, finition, accessibilité, éclairage, style de poignée ou niveau de confort attendu… Qama répond à cette demande par une offre très large, couvrant la quincaillerie technique, les ferrures de mouvement, les charnières, coulisses, accessoires de rangement, poignées, boutons, éclairages Led et solutions d’optimisation. Cette profondeur de gamme permet aux professionnels de construire une réponse adaptée à chacun, du standard optimisé au projet hautement personnalisé.
Notre partenariat privilégié avec Sugatsune illustre particulièrement cette capacité à répondre à des problématiques très variées. Grâce à une gamme extrêmement large et technique, Sugatsune propose des solutions pour des besoins souvent complexes : portes affleurantes, compas, coulissants, ferrures de rotation, systèmes forte charge ou mécanismes spécifiques. Pour les agenceurs, c’est un véritable levier de différenciation : ils peuvent résoudre des contraintes techniques tout en conservant un haut niveau de design et de finition. Notre expertise est essentielle dans ce contexte.
Le bon choix ne dépend pas seulement du produit, mais de son usage, de son environnement, de sa pose et du rendu attendu. C’est là que notre accompagnement prend toute sa valeur pour conseiller, orienter, sécuriser le choix technique et permettre à nos clients de proposer des cuisines plus abouties, plus fonctionnelles et plus différenciantes.
Comment intégrez-vous l’exigence environnementale dans la conception et la valorisation de vos solutions ?
L’exigence environnementale passe d’abord par la durabilité. Une quincaillerie de qualité prolonge la durée de vie du meuble, limite les remplacements prématurés et permet de conserver une cuisine performante plus longtemps. Nous valorisons donc les solutions robustes, réglables, maintenables et adaptées à un usage intensif. Dans une cuisine, les ferrures sont fortement sollicitées : ouvertures répétées, charges importantes, humidité, nettoyage, variations de température. La fiabilité du produit est donc un critère environnemental autant qu’un critère de confort.
La rénovation joue également un rôle important. En remplaçant une ferrure, en ajoutant un rangement extractible, en intégrant une Led ou en modernisant une poignée, il est possible d’améliorer fortement l’usage d’une cuisine sans tout déposer. C’est une approche plus responsable, qui permet aussi aux professionnels de proposer des interventions ciblées et valorisantes.
Cette démarche passe également par le choix de partenaires industriels reconnus pour la qualité et la longévité de leurs produits. Chez Qama, nous sommes également engagés dans une démarche RSE structurée et évaluée par EcoVadis, ce qui traduit notre volonté d’intégrer durablement les enjeux environnementaux, sociaux et éthiques dans notre développement.
Quels sont aujourd’hui les principaux axes d’innovation dans votre secteur, et quels besoins émergents anticipez-vous pour les cuisines de demain ?
L’innovation porte principalement sur le mouvement, l’intégration, la compacité et la simplicité de pose. Les systèmes relevants comme FREEslim de Kesseböhmer répondent à la recherche de discrétion et de gain de place dans les meubles hauts. Les charnières invisibles comme Air de Salice permettent de concevoir des meubles plus épurés, avec une quincaillerie quasiment imperceptible. Les portes escamotables comme Exedra Gravity de Salice offrent de nouvelles possibilités pour dissimuler une zone technique, un linéaire de cuisine, un espace petit déjeuner ou un meuble électroménager. L’éclairage est un autre axe d’innovation majeur. Les bandes Led flexibles Free Cut, les solutions Dual Color et les spots intégrés permettent de travailler l’éclairage fonctionnel et l’éclairage d’ambiance. Dans une cuisine ouverte, cette dimension est essentielle : la lumière participe au confort comme à la mise en scène du mobilier. Enfin, le gain de place va continuer à progresser. Avec Atim, nous pouvons proposer des solutions transformables qui répondent aux nouveaux modes de vie : logements plus compacts, cuisine multifonction, besoin de plans complémentaires, tables intégrées ou surfaces escamotables. Ces mécanismes permettent aux agenceurs de proposer des projets plus ingénieux et plus différenciants.
Selon vous, à quoi ressemblera la quincaillerie de cuisine dans cinq ou dix ans ?
Elle sera plus discrète, plus technique, plus esthétique et plus créatrice de valeur. Les mécanismes seront de moins en moins visibles, mais ils devront offrir davantage de confort : ouverture fluide, fermeture silencieuse, accès total au contenu, réglage simple, maintenance facilitée et grande durabilité.
La quincaillerie devra aussi accompagner des cuisines plus design : galbes, façades courbes, matières naturelles, poignées décoratives, éclairages intégrés et solutions escamotables. Elle sera au service d’une cuisine plus vivante, plus personnalisée et plus intégrée aux espaces de vie.
Pour les professionnels, le choix de la quincaillerie deviendra encore plus stratégique. C’est elle qui permettra de transformer un beau projet en un projet vraiment confortable, durable et différenciant. C’est précisément la singularité de Qama : mettre à disposition une offre large, des partenaires fabricants reconnus, des produits techniques à forte valeur ajoutée et une expertise conseil indispensable pour aider nos clients à se démarquer auprès de leur propre clientèle.
Demain, cette expertise s’appuiera également sur les outils numériques et l’intelligence artificielle afin d’accompagner les professionnels plus rapidement, plus efficacement et avec un niveau de personnalisation encore jamais atteint.
Eric Tiberghien, Directeur commercial, Salice France
Comment le marché de la quincaillerie pour l’aménagement de cuisine se porte-t-il, et quelles évolutions observez-vous depuis ces deux ou trois dernières années ?
Le marché est sous pression, c'est une réalité. Le contexte immobilier difficile et l'inflation freinent les investissements, et cela se ressent clairement sur les volumes. Ce que j'observe depuis deux ou trois ans, c'est une polarisation : le bas de gamme s'érode, tandis que les solutions à forte valeur ajoutée résistent mieux. Les acteurs qui s'en sortent sont ceux qui ont su anticiper, innover, et ne pas avoir joué uniquement sur les prix.
Quels segments sont aujourd'hui les plus dynamiques ?
La rénovation tient bien, portée par un parc immobilier vieillissant et des consommateurs qui préfèrent améliorer leur habitat plutôt qu'en changer. Le premium résiste aussi, parce que le client final reste sensible à la qualité et au confort d'usage quand il décide d'investir. Et les petits espaces sont devenus un vrai terrain de jeu pour l'innovation – comment optimiser chaque centimètre, comment faire disparaître les contraintes. C'est exactement là que nous sommes les plus utiles.
Quelles grandes tendances influencent actuellement le développement des solutions de quincaillerie ?
Trois choses me frappent. D'abord, la disparition visuelle de la quincaillerie : tout doit fonctionner parfaitement, mais rien ne doit se voir. Ensuite, la modularité – les agenceurs ont besoin de systèmes qui couvrent un maximum d'applications sans multiplier les références. Enfin, la durabilité : un produit qui dure longtemps, c'est déjà une réponse écologique. Ces trois exigences guident nos développements depuis longtemps.
Comment les modes de vie transforment-ils la conception des cuisines ? Quelle place accorder à l'ergonomie ?
La cuisine est devenue le cœur de la maison. Elle est ouverte, visible, elle se donne à voir. Cela change tout : on ne veut plus seulement que cela fonctionne, on veut que cela soit beau fermé et fluide ouvert. L'ergonomie n'est plus un argument de vente, c'est un prérequis. Ce qui fait la différence, c'est ce qui va au-delà – un système de levage de porte qui efface l'effort, une charnière invisible qui libère complètement le designer dans ses choix...
Sur-mesure et personnalisation : comment y répondez-vous ?
C'est dans notre ADN depuis longtemps. Nous proposons des solutions sur mesure pour une grande partie de notre gamme – du coulissant coplanaire aux tiroirs et tablettes pour le dressing, jusqu'à nos portes escamotables livrées sur mesure en quinze jours. C'est un engagement fort, parce que le sur-mesure n'est pas qu'une question d'esthétique : c'est un gain de temps réel pour l'agenceur, la sécurité d'avoir un produit parfaitement adapté au chantier, et la fiabilité d'une solution qui ne laisse pas de place à l'improvisation. Notre réponse, c'est aussi la plateforme. Un seul système capable de couvrir 90 % des applications, avec une modularité qui permet à chaque fabricant ou agenceur de construire sa solution sans complexifier sa gestion. Notre gamme de portes coulissantes Villes 2000, intégrée au groupe Salice en 2025 [voir l’Agenceur n° 82, ndlr], en est l'exemple parfait : un rail unique, des déclinaisons en coulissant, télescopique, pliable, pivot, pour du bois, du verre ou de l'aluminium. La personnalisation sans la complexité opérationnelle.
Comment intégrez-vous l'exigence environnementale ?
Arturo Salice est une entreprise 100 % européenne, nos produits sont fabriqués en Europe à partir de matières premières européennes – c'est notre première réponse concrète. Nous avons des équipes dédiées, nous mesurons nos émissions, et nous avons obtenu une réduction de 15 % de nos gaz à effet de serre en un an. Nos certifications Iso 9001 et Iso 14001 encadrent nos engagements qualité et environnement. Fondamentalement, un produit Salice est conçu pour durer des décennies – c'est peut-être la meilleure réponse à l'obsolescence programmée.
Quels sont les principaux axes d'innovation, et quels besoins anticipez-vous ?
Nous investissons sur plusieurs fronts en même temps. Sur les systèmes escamotables tout d'abord – la demande est forte, et nous avons des solutions très compétitives. Sur les charnières invisibles avec nos gammes Air et Conecta, maintenant disponibles en 180 degrés, qui améliorent vraiment la liberté de conception pour les architectes. Et l'optimisation de l'espace avec Atim – tables escamotables, plans de travail coulissants –, qui répond directement aux contraintes du logement urbain. Ce sont des ventes additionnelles à véritable valeur ajoutée, pas des gadgets.
À quoi ressemblera la quincaillerie de cuisine dans cinq ou dix ans ?
Elle sera soit invisible, soit iconique. Soit le système disparaît totalement dans la conception, soit il devient un élément de style assumé. Dans les deux cas, les exigences de performance seront bien plus élevées qu'aujourd'hui. Ce qui est sûr, c'est que les périodes difficiles accélèrent toujours l'innovation. Les acteurs qui ont continué à investir dans la différenciation plutôt que dans la seule guerre des prix en sortiront plus forts. C'est le pari que Salice fait depuis un siècle. Et aujourd'hui plus que jamais, nos clients agenceurs et architectes ont besoin de solutions qui les aident à se différencier eux-mêmes. Les leur fournir est exactement notre rôle.


